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A propos de l'auteur
Karine Riahi

Avocat au Barreau de Paris depuis 1989
Associé depuis 2008
Bureau : Paris
Secrétariat : Françoise Delaroche : 33 (0)1 44 95 20 40
Email : k.riahi@kga.fr

La protection des données personnelles comme l’enjeu du développement de l’économie de la prédictibilité dans les industries culturelles.


D’aucuns ont constaté de la lecture régulière de cette lettre « les Vendredis de l’IT », qu’elle est souvent un lieu où j’aime exposer les informations que j’ai pu recueillir dans les différents rapports, réflexions et recherches de nos institutions. Il s’agit cette fois ci d’évoquer le troisième Cahier Innovation et Prospective publié par la CNIL intitulé « Les données, muses et frontières de la création » où pour paraphraser ce célèbre film « quand les données rencontrent les œuvres ».


Ce rapport introduit par un éditorial d’Isabelle Falque-Pierrotin, Présidente de la CNIL, se compose de quatre parties qui permettent d’appréhender la problématique de la création adéquate de contenus culturels et leur exploitation optimisée par la parfaite connaissance du client final.

a) La première reprend ce constat de la dématérialisation des contenus culturels et de ce que « Les données personnelles qui sont au cœur des industries créatives et culturelles » enrichissent les contenus.

b) Dans la seconde partie «Les contenus culturels vus au travers du prisme des données», il est question de la spécificité des données personnelles culturelles en ce qu’elles renseignent des profils des clients, décrivent les contenus et en mesurent la popularité, enrichissent les œuvres préexistantes par des informations biographiques par exemple, qualifient les goûts des utilisateurs et, renseignent des données de contexte de consommation des produits culturels. C’est l’analyse de ces données qui permet d’identifier des usages émergents et la création de « contenus culturels adaptés et addictifs », les mots sont lâchés.

c) C’est au cours de la troisième partie qu’est évoqué ce que tous les acteurs économiques du secteur recherchent, « le Graal de la recommandation et de la personnalisation » lorsque les données personnelles permettent d’identifier si parfaitement le goût du client et l’émotion qu’il ressent lors de sa rencontre avec une œuvre. Son goût sera créé par le mécanisme de la recommandation, qui ne devra pas entrainer une diminution de l’offre culturelle.

d) La quatrième partie est celle de la prospective à 5 ans : « Demain, quelles créations et quels usages Data-Driven », où sont abordés les futurs scénarios d’usages et leurs modèles économiques.

Au gré de ma lecture, j’ai été frappée de voir, systématiquement, la référence à la captation de l’émotion du consommateur de contenus culturels. Cette phrase, « l’exploration de nouvelles sources de données devrait permettre de cerner au plus près les émotions et l’état physiologique du joueur », relevée à propos de jeux vidéo, est éloquente.

Ainsi, ces données personnelles telles qu’habituellement appréhendées, ne seront certainement pas suffisantes pour nourrir des algorithmes permettant d’atteindre ce graal de la captation de l’émotion du consommateur de contenus culturels. En savoir toujours plus et mieux, au plus profond des sentiments et de l’intimité de l’homme, faciliter « l’intrication entre l’œuvre et l’expérience d’utilisation plus grande, rendant la frontière entre création par l’auteur et contenus générés plus floue » (page 64), il s’agit bien là de l’enjeu de la rencontre entre les contenus culturels et les données personnelles.

L’appréhension de cette dimension était déjà sous-tendue dans le rapport du Conseil d’Etat « le numérique et les droits fondamentaux », qui soulignait la nécessaire protection des droits des utilisateurs et de leurs données personnelles, gage de loyauté et d’éthique, condition indispensable d’un développement serein et réel d’expériences de prédictions toujours plus personnalisées.

On comprend alors mieux le sens de cet éditorial d’Isabelle Falque-Pierrotin qui ne considère pas la protection des données personnelles comme un frein au développement de ces nouveaux produits culturels, mais au contraire comme le moyen de développement de l’industrie de la prédictibilité.

Rédigé par Karine Riahi le Mercredi 2 Décembre 2015

        

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